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La République islamique d'Iran, entre la puissance et le doute

 

ENQUÊTE - Le régime paraît solidement installé et a remporté des succès militaires et diplomatiques hors de ses frontières. Mais les récentes manifestations et diverses contestations, telles celles de femmes enlevant leur voile dans les rues de Téhéran, ont décontenancé autorités et dignitaires d'une République islamique qui a fêté son 39e anniversaire cette année.

De notre envoyé spécial à Téhéran, Dizin et Machhad,

Le centre de Téhéran est fermé à la circulation, et la foule remplit la grande avenue Azadi (Liberté). Comme tous les 11 février, la République islamique fête l'anniversaire de la révolution iranienne de 1979. Le métro est gratuit, et les gens sortent des stations par groupes compacts. Des haut-parleurs jouent à plein volume des chants patriotiques. Les rues sont pavoisées de drapeaux iraniens et des portraits des deux guides suprêmes de la République islamique: l'ayatollah Khomeyni, le fondateur, et Khamenei, son successeur. Des enfants jouent avec des ballons en plastique aux couleurs iraniennes: orange, blanc et vert. Les mères en tchador noir tiennent les plus petits par la main. Un stand distribue gratuitement un jeu vidéo où le héros doit détruire des bases nucléaires que les Américains essayent d'installer au Moyen-Orient. Un autre est décoré de caricatures de Donald Trump. Sur la chaussée ont été déroulées de longues bandes de matière plastique imprimées aux couleurs des drapeaux israélien et américain, que les passants peuvent ainsi fouler aux pieds. Trente-neuf ans après sa révolution, l'Iran reste crispé dans son antiaméricanisme, presque autant que les États-Unis restent presque maladivement obsédés par le régime clérical qu'elle a porté au pouvoir.
Le pari de la relance économique

La foule converge vers le monument de la place Azadi, arc de triomphe de marbre blanc mêlant le modernisme et le style perse, construit par le chah dans les années 1970. Les haut-parleurs diffusent un discours de Hassan Rohani, le président iranien. Élu en 2013, puis réélu en 2017 sur un programme, si ce n'est réformateur, du moins plus pragmatique que celui de son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad, il a misé sur la relance de l'économie après la levée des sanctions internationales depuis l'accord sur le gel du programme nucléaire iranien conclu en 2015. Il rappelle les récents succès des interventions extérieures iraniennes. L'Iran et ses alliés ont été victorieux de l'État islamique en Irak (avec le concours crucial des Américains) et contre la rébellion syrienne soulevée contre le régime de Bachar el-Assad (avec l'appui des Russes). «L'an dernier, nous avons aidé le peuple irakien et le peuple syrien à se libérer du terrorisme, dit Rohani. Nous négocions pour la paix et la stabilité dans la région. Nous nous sommes heurtés une nouvelle fois aux États-Unis, qui ont voulu de nouveau se mêler de nos affaires. Mais nous leur avons résisté. Ils ont tenté de comploter contre nous, mais le Conseil de sécurité de l'ONU ne les a pas suivis.»

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